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Autoportrait

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A Rome on démissionne mais à Mirebeau on s’accroche
.

Foi de Nouvelle République, le Père Gourichon fête, ce dimanche, le cinquantenaire de sa présence à Mirebeau. Un demi-siècle vaut bien une messe et pour qu’elle soit bien dite, le vieux curé dresse avec complaisance son autoportrait. Né en 1924, ordonné en 47, il dessert trois paroisses où « il ne laisse que de très bons souvenirs » avant de débarquer à Mirebeau en 63. Il agit toujours « avec détermination », « s’occupe des jeunes avec enthousiasme » et « de façon très conviviale ». « Curieux et passionné d’histoire, il est toujours en recherche sur l’histoire locale ». Enfin, « il complète sa formation en passant une licence de philosophie à la faculté de Poitiers ». Dimanche, il sera entouré de toute la Communauté locale qui est « très attachée à son prêtre ». Pourquoi ne pas ajouter, pendant que nous y sommes, que sa modestie est notoire ?

Reste à espérer qu’il n’a pas commis d'omission, ce qui serait excusable à son âge. Il serait dommage en effet d’apporter un correctif, si léger soit-il, à ce satisfécit, de noter que sa nomination au titre de Doyen, qui lui est si chère, n’apparait nulle part, de rappeler qu’en aout 2009, l’évêché à nommé à Mirebeau un nouveau prêtre « pour l’aider » : le Père Kamano était guinéen, charismatique mais dépaysé, comme peut l’être un étranger qui débarque, ne demandant rien mais ayant manifestement besoin de tout : obtenir des papiers en règles, passer son permis, être présenté aux autorités mirebalaises -ce qu’il ne fut jamais- accomplir son sacerdoce, baptiser, visiter les malades, accompagner les familles dans le deuil. Son mandat l’affectait au secteur du Mirebalais, où il avait le pouvoir de célébrer les sacrements, avec accord du curé du lieu… accord qui lui fut toujours refusé, comme lui fut interdit le simple droit de célébrer une sépulture.

« A Mirebeau, le père Paul m’interdit toute activité. Il me reproche même d’accepter des invitations à déjeuner, intercepte mes appels téléphoniques, répond que je ne suis pas là, affirme que je ne resterai pas plus de trois mois à Mirebeau »… Cette discrimination révolte les paroissiens jusqu’aux responsables laïques du secteur qui démissionnent les uns après les autres.

« Gourichon devient fou », entend-on… Une vieille paroissienne qui le félicite d’avoir enfin un remplaçant s’entend traiter de « vieille radoteuse » et « colporteuse de ragots ». Comme je dis en plaisantant au père Bernard que j’envie l’ambiance qui doit régner au presbytère, il me répond simplement: « Tu sais, je mange seul, dans ma chambre, ce que la femme de ménage me prépare le lundi matin, pour la semaine ».

La désapprobation populaire croissant, le vieux curé devient plus hostile encore… La culture que j’ai reçue se révolte à l’idée de qualifier ce comportement. La plupart des témoins de cette triste année sacerdotale éprouvent moins de scrupules :  » Il est méchant, pervers, cruel, comédien, menteur. Il est raciste !  » Malgré tout, il se trouve encore quelques « braves gens » pour défendre le coupable et charger l’immigré de tous les maux. « Si ce n’est pas malheureux : gâcher ainsi la fin de carrière d’un vieux prêtre ! »

Après « 11 mois, 29 jours et quelques heures » de discrimination et traitements humiliants, le père Bernard, délivré, est parti servir sous d’autres cieux, laissant ici un grand vide. Souvent témoin de ses peines, de sa foi, et de l’amitié profonde que lui vouaient les fidèles de Mirebeau, de Saint-Jouin-de-Marnes, d’Assais, de Moncoutant… j’eu cent fois la tentation de m’indigner, écrire à l’évêché, joindre ma voix aux pétitions qui circulaient… Chaque fois, il m’en dissuada : « Donnons encore une chance au père Paul, disait-il. C’est lui qui est à plaindre ». Je t’ai obéi Bernard.

D’autres omissions peut-être ? Celle-ci sans doute : La licence de philosophie dont s’enorgueillit le Père Gourichon était un cours, devenu tristement célèbre, dispensé par le professeur Roger Garaudy… La plupart des lecteurs a déjà reconnu le père de la Philosophie négationniste qui fut accusé de crime contre l’humanité et dont le cours fut interdit. Les élèves désertèrent naturellement … sauf un : Gourichon, qui s’enorgueillit encore aujourd’hui de cette licence inhumaine.

Pour n’omettre aucune omission, je tiens à signaler encore l’attitude hostile que le père Gourichon a eue, en public, à mon égard parce que je venais de lui dire, au cours d'une banale conversation, mon intention d’écrire sans parti pris, l’histoire de l’Abbé Vachère. Le prêtre entra alors dans une colère disproportionnée, affirmant que cette affaite était classée et que rien ne justifiait que l’on ouvre à nouveau ce dossier. (Merci des photos téléphone aimablement transmises par Mme D. Les autres photos sont de Jpj)

Prêtre Africain, Camps de concentration, Abbé Vachère et vieux curé raciste … ça n’existe pas !

R.Père Bernard Kamano (9016)Copie de Bernard Kamano 9036

Photo NR, photo téléphone de Mme D. Photos de Jpjl

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Mise à jour le Lundi, 18 Mars 2013 08:49  

Commentaires  

 
+1 #1 Une paroissienne. 22-03-2013 16:04
Cette histoire, hélas, est bien réelle mais vous n'enlèveriez rien à votre site en supprimant ce triste épisode. Une paroissienne quand même.
 
 
0 #2 Thierry 15-04-2013 12:39
D'accord mais êtes-vous certain de ne pas le regretter le jour où il partira ?
 
 
0 #3 Alain B. 14-08-2013 15:38
"Il par't" m'a dit ce matin, avec soulagement, un ami rencontré sur le marché. Le seul regret c'est de ne pas avoir le Père Kamano pour remplaçant mais on va enfin pouvoir revenir à notre église !
 
 
0 #4 Un Mirebalais 23-02-2015 11:44
Que de mensonges de votre part.
Aujourd'hui, on regrette encore plus son départ.
 
 
0 #5 Paul GOURICHON 10-03-2015 10:56
Monsieur Jeannin

Je ne suis pas un thuriféraire du dieu païen ‘polemos’ ; la polémique, je l’espère, ne me caractérise pas.
Je n’ai pas apprécié vos propos à mon égard.
Il me faut rectifier certaines assertions…je dis bien certaines et peut être d’autres, à l’avenir.

Mes 50 ans de présence à Mirebeau sont interprétés négativement, habillés « d’accroche et de décroche ».

Soit :

Je m’en explique.

J’ai été ordonné prêtre en juin 1947.

A SUIVRE...
 
 
0 #6 Paul GOURICHON 10-03-2015 10:57
Ma mère est décédée en février précédent. Avant de mourir, elle m’a fait promettre de toujours accompagner mon père et elle m’a donné son alliance que j’ai fait sertir sur mon calice, avec lequel je célèbre encore.

J’ai donc souhaité être curé de campagne.
Au lendemain de la sépulture de mon père, j’ai écrit à l’évêque, lui signifiant ma disponibilité.
Il m’a demandé de rester.

J’avais déjà décliné, du temps de Mgr Vion une nomination au motif que les conditions de vie y étaient incompatibles avec la vieillesse de mon père.

Vous voyez que je ne m’accrochais pas à Mirebeau.

A SUIVRE...
 
 
0 #7 Paul GOURICHON 10-03-2015 10:57
J’ai « décroché » comme vous le dites, après avoir préparé mon départ avec mes supérieurs, en temps opportun.

Je ne suis pas dans le secret mais peut être fallait-il que j’y sois encore à Mirebeau, sachant que l’échéance surviendrait.

J’ai beaucoup aimé Mirebeau, avec son histoire, son style, ses richesses humaines et aussi ses difficultés.

Pour éviter certaines dérives il se peut qu’un Paul Gourichon y fut utile. Le célèbre écrivain local avait bien perçu que cette grosse bourgade était un terrain propice à zizanies, cette ivraie de l’évangile, qui pousse avec le bon grain.

Il ne faut pas que j’entretienne quelque vilenie et je vous invite à une rencontre où me serait agréable de ne pas succomber à la tentation de la riposte.

Tout cela est insensé.

Au plaisir de vous recevoir.

Père Paul Gourichon.
 
 
0 #8 ljpj 11-03-2015 16:11
Sans le savoir, je suis arrivé à la même conclusion que vous: une rencontre, pas à cinq heures du mat par un petit matin blême mais simplement, pour ne pas regretter un jour de ne l'avoir pas fait. Je vous proposerai mon agenda dès que possible.
D'ici là, portez vous bien.
 

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