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Abbé Vachère (4) Des larmes de sang

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Des larmes de sang

christSuite de Vachère (3) Après avoir emménagé dans sa nouvelle demeure, l’Abbé y fait construire, en prolongement du bâtiment existant, une chapelle rectangulaire, de cinq mètres sur deux mètres cinquante. Seulement accessible par l’intérieur de la maison, la nouvelle pièce n’a aucune ouverture sur la voie publique. Chaque jour, il y célèbre la messe, entouré de quelques fidèles et assisté d’un enfant de chœur. C’est le 8 septembre 1911 que, pour la première fois se produisent les faits surnaturels qui marquent le début de cette étrange affaire.

Sur une gravure du Sacré-Cœur, accrochée au mur, perlent soudain des gouttes de sang qui s’épanchent du front, des mains et du cœur du Christ. La première effusion se produit à 6 heures du matin, devant trois personnes. La seconde à 15 heures, en présence de cinq autres fidèles, dont le curé de la paroisse Notre-Dame et un séminariste.

Troublé, l’Abbé demande aux témoins de ne rien divulguer avant qu’il n’ait informé l’Évêque mais bouleversés par ce qu’ils viennent de voir, le curé et le séminariste ne peuvent s’empêcher de colporter la nouvelle et la foule accourt bientôt de partout. (voir légendes des photos à la fin de l’article)

Dès le 11 septembre 1911, et bien qu’il sache que son nouvel évêque, Mgr Humbretch, n’est pas encore arrivé à Poitiers, l’Abbé tient à se mettre en règle avec ses supérieurs. Il adresse donc à l’Évêché un rapport circonstancié des faits survenus le 8 et le fait remettre aux deux vicaires capitulaires qui assurent l’intérim, Lépine et Vareilles de Sommières. Malheureusement, ces deux secrétaires nourrissent à son égard une haine tenace et « le miracle » de Mirebeau leur apparait immédiatement comme une occasion de régler leur compte avec lui. Il y a quelques années, en effet, Vachère a pris ouvertement la défense d’un vieux curé que les deux complices accusaient injustement. Leur mépris est tel que ces messieurs ne se donnent même pas la peine d’accuser réception de la correspondance…

De jour en jour cependant, le visage du Christ prend une expression de tristesse et de souffrance qui frappe les visiteurs. Le portrait s’amaigrit au point de ressembler à celui d’un phtisique. L’Abbé fait prendre vingt-trois photographies qui montrent bien ces troublantes transformations, les différentes coulées de sang et l’évolution du visage du Christ.

 Vachère Press16a Comme on l’imagine, une multitude de gens s’intéressent au phénomène. Aux badauds dont le nombre croit chaque jour, s’ajoutent des savants de disciplines variées, médecins, agrégés en sciences humaines et philosophie, artistes. Tous observent les faits, examinent l’image et confirment à l’unisson qu’aucun subterfuge ne peut expliquer ces suintements. Des pharmaciens et médecins légistes procèdent à des analyses, aussi précises que le permet l’époque, et concluent, sans équivoque, qu’il s’agit bien de sang humain.

Parmi les experts qui ont pratiqué ces examens, je retiens entre autres, les médecins Maurice, Leblanc et Charbonneau, pharmaciens de première classe et analystes spécialisés, tous trois domiciliés à Richelieu, en Indre et Loire, le docteur Hamel du Mans, ainsi que le Dr Alessio Nazari, professeur d’histologie-pathologie à l’Université de Rome, qui a procédé à un examen spectroscopique du sang … D’autres analyses ont été réalisées à l’Université d’Oxford et à Sarrebruck, par le docteur Deibel, expert-légiste… Mais c’est surtout dans le fait que le sang n’ait pas rongé à la longue le papier de l’Image, ni les Hosties, que le professeur Nazari voit le plus grand prodige.

Des observateurs notèrent à l’époque que les coulées de sang les plus importantes s’étaient produites le jour des manifestations, à Rome, de la franc-maçonnerie contre le Pape.

Le 11 octobre 1911, l’Archevêque de Tours, Mgr Renou, intrigué autant qu’agacé, par les récits que lui rapportent quotidiennement des centaines de fidèles sur les phénomènes de Mirebeau et quasiment convaincu qu’il n’aura aucun mal à en démontrer la supercherie, décide de se rendre sur place. Afin de ne rien laisser au hasard, il se fait accompagner de son Vicaire Général, Mgr Raimbaud, du doyen de Richelieu et d’un médecin, le docteur Maurice déjà cité. Tous quatre assistent aux saignements, inspectent les lieux et manipulent l’image autant qu’ils le souhaitent. Le médecin pousse même la suspicion jusqu’à prélever de la joue gauche du Christ une large plaque de sang qu’il analyse plusieurs fois. Tout doute dissipé de son esprit, l’Archevêque tombe à genoux, déclarant : – « Cette manifestation douloureuse est vraiment le commencement du culte du Sacré-Cœur ».  S’adressant à Vachère, il le presse d’informer au plus vite le nouvel évêque de Poitiers, Mgr Humbretch qui va bientôt prendre possession de son siège.

 Humbretch « Il y a un mois que je l’ai prévenu, lui répond Vachère pour le rassurer. Je n’ai malheureusement pas reçu de réponse au rapport que j’ai adressé ». Ce n’est que le 18 octobre 1911, une semaine après la visite à Mirebeau de Mgr Renou, que l’Abbé reçoit du Vicaire général Vareilles un accusé réception de sa lettre du 11 septembre. Dans l’intervalle ces messieurs ont eu largement le temps d’informer l’Évêque sur les évènements de Mirebeau. Aussi, à l’accusé réception du Vicaire général, est joint un arrêté de Mgr Humbretch, daté du 17 octobre 1911, par lequel l’Evêque ordonne à l’Abbé de porter l’Image du Sacré-Cœur au Grand Séminaire de Poitiers où « elle sera examinée et mise sous scellés ». En réalité, cet examen au Séminaire n’eut jamais lieu.

L’Abbé obéit immédiatement à  cet ordre mais avant de se séparer de la chère Image, il en fait faire « une copie » par un photographe. Le 21 octobre 1911, Mgr Humbretch écrit à l’Abbé pour le féliciter de sa prompte obéissance.

Outre les saignements observés sur l’image, du sang coula aussi d’hosties consacrées. Ce phénomène rapportéVachère Hostie a comme « manifestations eucharistiques » apparut le 16 octobre 1911, puis les 17,18 et 23 du même mois. Il se produisit à dix-huit reprises, jusqu’au 18 février 1914. De la dernière Hostie, conservée sur l’autel, du sang coula vingt-trois fois. Il en tomba jusque sur le marchepied de l’autel où le Saint Sacrifice n’était plus célébré. Le 20 février 1914, Mgr Baumgarten de Rome (18, Piazza Rusticucci) qui avait fait le déplacement pour assister à ces manifestations, rédigea un constat des faits. Il semble bien qu’il n’y eut plus de « manifestation eucharistique » après le 18 février 1914. Durant ces années, des témoins affirmèrent qu’ils voyaient les lèvres du Christ remuer comme s’il leur parlait. Certains prétendirent que le Christ leur annonçait des évènements étranges, comme la guerre, des massacres de prêtres et d’autres prédictions qui « se sont réalisées à la lettre », écrit R. Bombenger.  

Légendes des photos d’époque, de haut en bas:
Tableau du Sacré Cœur (1911 à 1913)
Page d’un magazine (années 70)
Mgr Louis Humbretch, évêque de Poitiers
« Sainte Hostie Ensanglantée. Consacrée en mai 1913 par Mgr Vachère. Elle a échappé à la confiscation épiscopale. Est cachée en lieu sûr, en parfait état de conservation. »

A suivre: Vachère (5) – Article précédent : Vachère (3) 

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Mise à jour le Jeudi, 24 Décembre 2015 12:47  

Commentaires  

 
0 #1 Patrice Lucquiaud 23-07-2011 23:10
Prodige, miracle ou supercherie... nous voici au cœur du récit...
Face à l'impondérable devons-nous nous sentir misérable ?...

A esprit cartésien il n'est de part au mystère...
A l'esprit dévot, l'aveuglement de la foi ...
Croire ou Savoir ?
Savoir croire ou croire savoir ?
N'y-a-t-il de foi dans le Savoir autant qu'il y a de Pondération dans la Croyance ?
La Vérité hérissée de preuves ou témoignages s'enracine dans ces deux mondes de la subjectivité et de l'objectivité , du temporel et du spirituel ...
 
 
0 #2 G.de langwies 16-10-2014 15:58
merci de votre travail ,
les gouttes de sang de Jésus nous sont offertes avec douceur par ce maître et sa douce Marie , pour notre santé à tous , mystère du vin et pain consacrés ,
merci de ces témoignages , solides , bienveillants , libres .
 
 
0 #3 G.de langwies 16-10-2014 16:03
les chrétiens sont juste des témoins à égalité devant ce mystère de douceur des coeurs de Marie et Jésus unis par le sang précieux , réalité du mystère
 

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