Abbé Vachère (1) La tentation d'y croire, les raisons d'en douter.

Lundi, 11 Avril 2011 16:28 Jeanpierre Abbé Vachère
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La tentation d’y croire, les raisons d’en douter

Abbé Vachère

Avant de plonger dans cette histoire, m’exposer aux critiques, braver les interdits, heurter les braves gens, nourrir de faux espoirs, avant de me laisser envahir par la tentation d’y croire et les raisons d’en douter, avant de vous embarquer avec moi dans ce passé si proche, tout chaud encore, presque brûlant… Je souhaite vous faire partager la règle que j’assigne à ce récit : les faits sont sacrés -seraient-ils centenaires- les commentaires sont libres. Ne vous pressez pas de choisir votre camp. Vous aurez tout le temps de forger votre opinion au long des chapitres et je vous inviterai, à la fin de ce récit, à en tirer vous-mêmes les conclusions par un « vote » simple, anonyme mais responsable.

L’histoire de l’abbé Vachère s’est déroulée à Mirebeau, il y a tout juste un siècle. Elle enthousiasma les esprits, enflamma les passions puis divisa la population, bien au de-là de notre village.

Maintes fois décrite par ma mère, j’ai en mémoire l’image de mon grand-père maternel, Jean Manceau, alors propriétaire de l’Hôtel du Lion d’Or, situé à côté de l’église, à l’emplacement actuel du parking et de l’ensemble des bâtiments Proxi, attelant son cheval noir, Coco, à son cabriolet d’osier et descendant, chaque matin, à la gare, accueillir les pèlerins du Sacré-Cœur de Mirebeau… Au cours de la journée, d’autres touristes arrivaient qu’une employée accompagnait jusqu’à la maison de l’Abbé. Mirebeau devenait lieu de pèlerinage et bien des Mirebalais nourrissaient secrètement l’espoir d’un essor aussi grand que celui de Lourdes.

Parmi les recherches que j’ai effectuées et dont je citerai naturellement les sources, je signale un blog créé en 2006 qui proposait ces lignes implacables : « Malgré l’évidence d’une habille supercherie, il se trouve encore des « spécialistes » pour défendre le caractère surnaturel des prodiges sanglants du Sacré-Cœur de Mirebeau-en-Poitou. Le protagoniste en était un prêtre qui mourut excommunié. La publication d’une partie de sa correspondance confirme s’il en était besoin, le caractère frauduleux des faits, en éclairant d’un jour nouveau la personnalité de l’inquiétant abbé Vachère de Grateloup ». Aujourd’hui, retiré de la toile, ce texte d’un flagrant parti pris, était seulement signé  d’un prénom : Paul…

Ce réquisitoire confirme la condamnation de Vachère et, avec lui, de quiconque oserait entreprendre une relecture de l’affaire. Nous voilà donc prévenus… L’auteur y recourt à la plus vile des méthodologies : le négationnisme dont il nous assène, en quelques lignes, une brillante (?) démonstration, s’appuyant sur de faux raisonnements, inventant de fausses preuves et ignorant les faits réels. Je m’en voudrais d’infliger à mes lecteurs une exégèse détaillée d’un procédé si détestable  mais demandons-nous comment une supercherie peut être habile et évidente à la fois ? Comment les spécialistes  qui mettront leur bonne fois à l’épreuve de ces faits peuvent être condamnés a priori ? Comment la révélation d’une correspondance qui n’a jamais existé peut confirmer une fraude qui n’a jamais été argumentée par le moindre début de preuve ?

Ce réquisitoire anonyme, constaté et scanné, illustre le climat dans lequel l’histoire s’est déroulée et traduit bien l'atmosphère qui en émane encore. Retiré de la toile, il aura sûrement été censuré par un esprit plus sensible au ridicule ou plus soucieux de vérité.

Pour mémoire, je passerai sur les incohérences auxquelles je me suis heurté et dont les seules justifications sont d’avoir permis, à l’époque, la vente de journaux mal écrits, propageant une image négative de la population locale : jalouse, ignorante, bête et méchante…

Nous nous insurgerons en constatant la facilité avec laquelle on aurait pu élucider cette affaire. Le liquide qui suinte de l’image du Sacré-Cœur est-il du sang humain ? Y-a-t-il derrière l’image un système de réservoir, de tuyaux de pompe… un truc ? Pour ne pas avoir à y répondre, ou par crainte de la réponse que l’on aurait obtenue, l’évêché –responsable de l’enquête- ne s’est même pas posé la question, condamnant à priori, générant doutes, malaises et conflits. Un simple constat de gendarme, une analyse de pharmacien, un article de presse et l’affaire de l’Abbé Vachère aurait fait pschitt… ou pas !

Autant de bonnes raisons pour nous, de douter. Ne dit-on pas qu’à trop vouloir combattre, on glorifie ? Gardons-nous de ces extrêmes. (jpj) A suivre Vachère (2)

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Mise à jour le Jeudi, 24 Décembre 2015 12:43